Deux ans après la fermeture de la patinoire municipale, le collectif Patiner à Boulogne est de retour sur les marchés de Boulogne-Billancourt. Tracts à la main, l’association ne soutient aucun candidat nommément, mais appelle clairement à ne pas reconduire le maire sortant en mars prochain. Derrière la patinoire, c’est désormais toute une critique de la gestion municipale, des finances locales et de la démocratie qui s’exprime.

« 2026 est l’occasion du changement »

Dans un tract de quatre pages intitulé Appel à la mobilisation, Patiner à Boulogne rappelle les chiffres déjà largement diffusés depuis 2023 :
100 000 entrées annuelles, 36 000 signatures recueillies pour la réouverture, et une décision de fermeture prise « malgré l’attachement massif des habitants ».

Le ton est désormais politique. Le collectif écrit noir sur blanc :

Le tract simplifié distribué sur les marchés est encore plus explicite :
« Élections municipales 15 et 22 mars 2026 – Votez pour la patinoire », avec un QR code renvoyant vers le site de l’association.

Sans citer de nom, le message est limpide : Patiner à Boulogne appelle à ne pas reconduire Pierre-Christophe Baguet et à choisir parmi les listes qui se sont engagées à défendre une patinoire à Boulogne-Billancourt.

Lecture politique

En appelant explicitement à « élire un(e) autre candidat(e) », Patiner à Boulogne franchit un cap : le collectif sort du registre purement sectoriel pour s’inscrire dans le débat électoral, tout en restant juridiquement prudent.

Une contre-expertise de la fermeture de la patinoire

Le document long propose une véritable contre-lecture technique des arguments avancés par la mairie.

  • Coûts : l’association reproche à la ville d’avoir mélangé investissements piscine et patinoire. Elle avance environ 5 M€ investis pour la patinoire entre 2002 et 2024, contre 28 M€ pour la piscine, et affirme que l’exploitation de la patinoire était rentable.
  • Énergie : Patiner à Boulogne dénonce l’abandon du transfert de chaleur patinoire → piscine, remplacé par des chaudières au gaz plus coûteuses et plus émettrices de CO₂.
  • Eau : les « 10 millions de litres » évoqués par la mairie en 2023 seraient, selon le collectif, liés à une surconsommation de la piscine due à un mauvais pilotage technique, et non à la patinoire.
  • Juridique : l’association affirme qu’il n’y avait pas de risque à prolonger l’exploitation jusqu’en mai 2025, citant un accord préfectoral de juillet 2024, laissant le temps de monter une solution pérenne avec financements privés.

Enfin, elle conteste l’argument selon lequel tous les patineurs auraient retrouvé une structure de proximité : selon elle, seule une minorité aurait pu continuer à pratiquer.

Vrai, à nuancer, à vérifier
  • Vrai : la patinoire accueillait environ 100 000 entrées annuelles avant sa fermeture.
  • À nuancer : la rentabilité de l’équipement dépend du périmètre exact retenu (investissements, énergie, mutualisations).
  • À vérifier : l’absence totale de risque juridique à une prolongation jusqu’en 2025.

De la patinoire à l’acte d’accusation contre la gestion municipale

Le tract dépasse largement le seul dossier sportif et dresse un réquisitoire politique contre la gestion de la majorité sortante.

Le collectif cite notamment :

  • la limitation des tribunes d’opposition dans le BBI (294 caractères) ;
  • des accusations de censure de tribunes sensibles ;
  • l’absence de diffusion vidéo des conseils municipaux ;
  • des incidents répétés avec des élus d’opposition et des journalistes ;
  • le manque de transparence sur certains audits et montages financiers.

Sur le plan financier, Patiner à Boulogne élargit la critique :
Île Seguin, basket professionnel, projets abandonnés, vente de terrains et réduction du patrimoine communal seraient les symptômes d’une gestion à court terme.

Chiffres clés
  • 36 000 signatures recueillies pour la patinoire.
  • 100 000 entrées annuelles avant fermeture.
  • 215,4 M€ : hypothèque sur l’Île Seguin (SPL).
  • 136 M€ : surcoûts estimés sur l’opération Seguin.

Un acteur à part entière de la campagne

Sur X et Instagram, Patiner à Boulogne assume son retour sur le terrain électoral.
Sans donner de consigne de vote précise, le collectif adopte une ligne claire : « tout sauf Baguet », articulée autour du sport, de la démocratie locale et des finances publiques.

Pour les listes en lice, la patinoire devient un test politique :
s’engager pour sa réouverture, c’est s’assurer le soutien d’un collectif structuré et mobilisé ;
la majorité sortante doit désormais défendre une décision de fermeture de plus en plus contestée.

Nos conclusions

Avec ce retour sur les marchés, Patiner à Boulogne change de statut.
Le collectif n’est plus seulement un groupe de défense d’un équipement, mais un acteur critique du bilan municipal, qui utilise la patinoire comme symbole d’un malaise démocratique plus large.

À quelques semaines du scrutin, il rappelle que la campagne ne se joue pas uniquement dans les programmes, mais aussi dans la capacité des citoyens organisés à peser sur le débat public.

Ce qu’il faut retenir
  • Patiner à Boulogne appelle explicitement à ne pas reconduire le maire sortant.
  • La patinoire devient un symbole politique dépassant le seul dossier sportif.
  • Le collectif s’impose comme un acteur à part entière de la campagne 2026.
Sources utilisées
1) Documents du collectif
  • Tract long « Appel à la mobilisation » – Patiner à Boulogne.
  • Tract simplifié distribué sur les marchés (Votez pour la patinoire).
2) Données financières et contexte
  • Comptes 2024 de la SPL Val de Seine Aménagement (Île Seguin).
  • Documents budgétaires publics de la Ville de Boulogne-Billancourt.
3) Réseaux sociaux
  • Publications X / Twitter du compte @PatinaBoulogne.
  • Publications Instagram du collectif Patiner à Boulogne.

Une réponse à « Patiner à Boulogne s’invite dans la campagne municipale 2026 »

  1. Avatar de Philippe Badeau
    Philippe Badeau

    vivement les élections ,ma dernière visite à ka patinoire date de la retraite sportive de Didier et Christian du Paris hockey club .

    La patinoire par son architecture n’a pas vieillie ,ses grandes baies vitrées ,ses gradins en pentes douces et son bar avec vue sur la piste ;superbe !

    je n’arrive toujours pas à comprendre la décision du maire de changer la destination de cette patinoire.

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