
Le 13 mai 2024, la mairie annonçait la fermeture de la patinoire de Boulogne- Billancourt. Un an plus tard, le bâtiment est vide, mais les souvenirs, la colère et l’énergie citoyenne des Boulonnais sont toujours là. Retour sur une année de lutte, de solidarité…
Un lieu, des souvenirs, un vide
Il y a un an, un vent glacial soufflait sur Boulogne : la patinoire allait disparaître. Pour les centaines d’enfants, parents, entraîneurs et bénévoles qui la fréquentaient, ce lieu n’était pas qu’un simple établissement. C’était un repère, une mémoire vivante, un lieu social d’inclusion, une famille sur glace. L’annonce de sa fermeture fut brutale, un choc. Mais elle marqua aussi le début d’une mobilisation sans précédent. On vous retrace l’histoire.
Rappel historique : une chronologie qui donne froid dans le dos
13 mai 2024 : l’annonce tombe.
17 mai : l’association Patiner à Boulogne voit le jour.
6 juin : le Conseil municipal acte la fermeture. La décision est confirmée malgré les protestations.
25 au 30 mai : manifestations, pétitions, vidéos de soutien. La France du sport se mobilise.
12 novembre : recours juridique déposé.
Entre ces dates, une pétition rassemblant plus de 37 000 signatures, des dizaines de rassemblements, des soutiens prestigieux (Papadakis, Riner, Diagana, FFHG…), des messages de jeunes, d’anciens, de familles. Bref, une ville qui ne voulait pas laisser fondre son histoire sans réagir.
Une mobilisation exemplaire, une mémoire vivante
On retiendra les photos : les enfants brandissant des pancartes sous la pluie, les ateliers « Ma Fédérale » sur les réseaux, les présences de floorball sur la Grand’Place, les parents qui trient les courriers, les entraîneurs qui affûtent encore les espoirs.
On retiendra aussi les chiffres :
- 37 000 signatures
- 800 adhérents à l’association
- Des relais dans toute la France
Et surtout, une flamme allumée dans la communauté boulonnaise, qui ne demande qu’à perdurer.
Un grand merci collectif et citoyen
Les plus chaleureux remerciements envers les boulonainais et au-delà des soutiens de tout horizon :
- À tous ceux qui ont signé, relayé, tracter, mobilisé : merci.
- Aux enfants, aux bénévoles, aux clubs, aux familles : merci.
- À certains élus, de tous bords, qui ont osé dire non : merci.
- Aux clubs voisins qui ont ouvert leurs portes : merci.
Ce combat n’a pas été vain. Il a permis de rassembler, de témoigner, de résister.
Et sinon quel avenir pour la glace ?
La patinoire est fermée, oui. Mais les besoins, eux, sont toujours là. Où vont s’entraîner les jeunes ? Où vont débuter les petits frères et sœurs ? Quels clubs accueilleront demain les hockeyeurs, les artistes, les scolaires ?
Des discussions seraient en cours, mais en vrai aucune solution pérenne n’est sur la glace pour l’instant. Des clubs comme Meudon, Courbevoie ou Asnières ont fait l’effort d’accueillir les jeunes exilés de la glace boulonnaise. Mais ce bricolage ne peut remplacer une infrastructure locale solide. 70% des enfants boulonnais ont dû se résoudre à arrêter leur passion (source PAB). Les clubs accueillants se sont retrouvés en sureffectifs ne permettant pas d’offrir des entrainements de qualité ou de garantir une place en match les week-ends. Idem côté artistique.
Alors la mobilisation continue. À Boulogne, on a peut-être enlevé la glace, mais pas l’envie d’y revenir.
Et le boulbi e-sport, kezako ?
Dans un même temps, la mairie et l’ACBB affichent fièrement le développement de l’e- sport local. Création de sections dédiées, budgets, tournois Fortnite à l’hôtel de ville. Faut-il y voir un progrès ? Peut-être.
Mais faut-il aussi s’interroger sur le paradoxe d’une ville qui finance des simulateurs de jeux vidéo pendant qu’elle ferme des équipements sportifs IRL (« in real life ») ? Oui.
L’e-sport a sa place. Mais pas au détriment du sport vivant.
Nos conclusions : ne laissons pas fondre notre passion
La patinoire de Boulogne a fermé. Certes. Mais la passion, elle, reste bien vivante. Dans les souvenirs, dans les patins stockés à la cave, dans les groupes WhatsApp d’entraîneurs exilés, dans les plans B qui s’inventent.
Un an après, la glace a disparu, ok, mais la mobilisation n’est pas morte.
Boulonnais, ne cessons jamais de défendre l’accès au sport, à la convivialité, à la jeunesse, au vivre- ensemble dans notre ville.
Et peut-être qu’un jour, à Boulogne-Billancourt, on recommencera à entendre crisser les lames d’artistique ou du hockey.




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