
Entre les litiges à répétition, les plaintes en cascade et les recours administratifs interminables, la mairie de Boulogne-Billancourt semble avoir trouvé une ligne budgétaire inépuisable : les frais de justice. Pendant que les Boulonnais comptent leurs centimes, d’autres comptent les audiences. Et si l’on regardait de plus près qui paie l’addition ?
1. Une mairie en robe noire (et en charge)
La mairie aime le droit. Tellement, qu’elle en consomme sans modération. Grâce à la protection fonctionnelle – un dispositif qui permet de faire financer ses frais juridiques par la collectivité – Pierre-Christophe Baguet, maire depuis 2008, s’offre le luxe de porter plainte à peu de frais… pour lui.
Exemple ? En 2021, une injure sur Twitter et hop, plainte financée par les impôts. Légal ? Oui. Légitime ? C’est plus flou que certains jugements.
2. Patinoire : silence, on ferme… et on facture
Plutôt que de dialoguer avec l’association Patiner à Boulogne, la mairie a préféré la voie judiciaire pour répondre aux recours sur la fermeture de la patinoire olympique (lire notre article). Résultat : des procédures coûteuses, un procès gagné certes, mais au prix de plusieurs milliers d’euros d’honoraires. L’association a été condamnée à 1 000 €… une somme à peu près aussi symbolique qu’un panneau « ville verte » sur un parking.
3. Île Seguin : procès sur procès, pour béton sur béton
Depuis plus de dix ans, les collectifs citoyens multiplient les recours contre les projets d’aménagement de l’île Seguin. Et la mairie, elle, multiplie les frais d’avocats. Entre les permis de construire annulés, les recours contre le PLU, les expertises environnementales… chaque dossier se chiffre en dizaines de milliers d’euros. À ce tarif-là, on aurait pu planter une vraie forêt plutôt que trois pots de géraniums.
4. Conseil municipal : ambiance procès-verbal
Le 13 mars 2025, le conseil municipal a viré à la foire d’empoigne. Un journaliste bousculé, une plainte déposée, et possiblement de nouveaux frais juridiques à venir si la mairie décide de couvrir les frais de défense de ses agents. Encore un conseil où les décisions coûteront plus cher que les projets.
5. Les archives judiciaires du maire
Ce n’est pas tout :
- En 2012, l’affaire du tract Guéant a coûté 20 000 € aux contribuables avant la relaxe en appel.
- En 2023, la fermeture du club de basket CCIBB a généré son lot de litiges avec partenaires et salariés.
Une vraie série judiciaire. Netflix n’a qu’à bien se tenir.
6. Combien ça coûte tout ça ?
Estimation basse(1) : 500 000 € par an.
Estimation haute(2) : 700 000 €.
Soit entre 4 et 6 € par habitant, chaque année. Pas de quoi ruiner un foyer, mais sur dix ans, cela représente une jolie somme que les Boulonnais n’ont pas vraiment choisie d’investir.
Le tout dans une discrétion exemplaire : pas de publication des frais détaillés, pas de débat public. La transparence à Boulogne-Billancourt, c’est comme une piste cyclable rue Gallieni : en théorie.
Nos conclusions : justice ou gestion de crise ?
Si certaines procédures sont nécessaires pour défendre la mairie, la multiplication des affaires laisse penser qu’un peu de dialogue éviterait bien des audiences. Car à Boulogne-Billancourt, on ne sait pas si la justice est rendue… mais elle est clairement facturée.

(1)(2) Les chiffres évoqués dans cet article sont des estimations approximatives réalisées avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle. Ils visent à éclairer le débat public, mais ne sauraient se substituer à une information comptable officielle.




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