Le conseil municipal de Boulogne-Billancourt du 13 mars 2025 devait discuter d’un vœu écologiste sur la sécurisation d’une voie… il s’est transformé en tragédie de démocratie locale. Résultat : un maire en retrait, un journaliste au sol, un père évacué, et une ville qui découvre que la transparence municipale, c’est surtout quand les caméras sont éteintes.


Chronique d’un chaos annoncé

La soirée aurait pu être sobre. Solennelle, même. Elle a viré au pugilat républicain. Tout a basculé lorsque Pauline Rapilly Ferniot (EELV), élue d’opposition, a invité le père d’Adam, 16 ans, tué à vélo en 2021, à prendre la parole dans l’hémicycle. Un geste symbolique, fort, mais surtout hors du règlement intérieur. Le maire Pierre-Christophe Baguet (LR), déjà sous pression, a immédiatement suspendu la séance. Puis, les esprits ont explosé, façon cocotte-minute électorale mal vissée.

Dans le tumulte, le père d’Adam est évacué par les agents municipaux, sans explication audible pour les spectateurs. Et pour ceux qui n’avaient pas compris que la soirée allait mal finir, un journaliste de France Télévisions — présent pour un reportage de Complément d’enquête — se retrouve plaqué au sol, caméra en main, par des agents municipaux. Bienvenue à Boulogne-Billancourt, où le service d’ordre semble s’inspirer plus de Fight Club que du protocole républicain.

Violence médiatique, silence politique

France Télévisions dénonce immédiatement une agression et une entrave à la liberté de la presse. Mais à Boulogne, c’est visiblement le micro qui fait peur. La mairie évoque un « désordre général » pour justifier l’intervention. Peut-être faudrait-il relire la Constitution : filmer un conseil municipal, ce n’est pas un acte de guerre, c’est un droit.

Alors que les images font le tour des réseaux, la mairie crie au « guet-apens » politique, dénonçant une orchestration sordide à quelques jours de l’anniversaire du décès du fils du maire. L’opposition, elle, récuse toute responsabilité dans les violences. Un grand classique local : tout le monde est outré, personne n’est responsable.

Le maire craque, la démocratie tousse

Touché, visiblement ému — et probablement très en colère — Pierre-Christophe Baguet annonce sa mise en retrait temporaire pour « réfléchir ». Une pause politique qui tombe à pic, alors que les critiques s’accumulent autour de sa gestion :

  • Le drame d’Adam, pour lequel l’opposition exige toujours (4 ans se sont écoulés !) une sécurisation de la voie où l’accident s’est produit.
  • Le décès récent d’un agent municipal, évoqué avec émotion la veille du conseil.
  • Et maintenant une crise de gouvernance, où l’image de la majorité s’effrite à chaque communiqué.

Mais pas d’inquiétude : la majorité lui réaffirme son soutien. En langage municipal, cela signifie souvent : « tiens bon, mais reste planqué quelques semaines ».

Une demande simple : sécuriser, pas politiser

Pendant que les élus s’écharpent sur la forme, le fond, lui, attend toujours. Le vœu initial — sécuriser une voie où un adolescent a perdu la vie — est noyé sous les invectives et les règlements de comptes. L’élue écologiste maintient sa demande, mais réfute toute instrumentalisation. En attendant, les pistes cyclables de Boulogne continuent de slalomer entre poteaux, voitures en double file et promesses creuses.

Des vraies fausses citations (très) librement inspirées

« La démocratie locale ? Elle est dans le coma, mais on la laisse sur écoute », ironise un élu d’opposition.

« Tout est sous contrôle », annonce un communiqué officiel, probablement rédigé en fermant les yeux.

Conclusion : À Boulogne-Billancourt, la sécurité n’est pas le seul chantier

Le départ d’un maire, même temporaire, ne réglera ni le deuil, ni le mépris ressenti par certains citoyens. Mais il révèle un malaise plus profond : une démocratie municipale en apnée, où la communication remplace l’écoute, et où la forme écrase le fond.
En attendant, à Boulogne-Billancourt, on sécurise les micros… mais pas encore les rues.

Une réponse à « Boulogne perd les pédales : quand le conseil municipal vire à la foire d’empoigne »

  1. […] du maire après des échanges particulièrement tendus avec familles et élus écologistes (Lire notre article). Une ambiance de crise symptomatique d’un dialogue en panne sèche. Mais in fine, aucune […]

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