
Le 9 janvier 2026 à 20h56 (mis à jour à 21h01), actu.fr (Paris) publiait un droit de réponse de Pierre-Christophe Baguet. Le maire y affirmait ne pas avoir été informé d’une enquête et indiquait que « la réalité de l’enquête évoquée (…) n’a jamais été confirmée par le Parquet national financier ». Or, depuis, plusieurs médias — dont Mediapart puis L’Équipe — évoquent l’ouverture d’investigations judiciaires autour du dossier Mets 92. Entre formulation prudente et évolution procédurale, un décalage s’installe. Décryptage.
Ce que dit exactement le droit de réponse du 9 janvier
Dans son droit de réponse publié le 9 janvier 2026, Pierre-Christophe Baguet affirme :
- que la réalité de l’enquête « n’a jamais été confirmée par le Parquet national financier » ;
- qu’il n’a « été ni informé ni convoqué par aucune autorité judiciaire ou d’enquête » ;
- qu’il « n’est donc pas mis en cause » ;
- que la plainte d’un journaliste relative à un incident en conseil municipal a été classée sans suite.

Pris à la lettre, le maire ne nie pas explicitement toute enquête en cours : il indique ne pas en avoir reçu confirmation officielle ni notification personnelle.
À cette date, l’information publique disponible restait limitée.
Ce que rapportent Mediapart et la presse sportive
Fin 2025, Mediapart révélait qu’une enquête du Parquet national financier (PNF) était ouverte concernant les conditions du transfert de Victor Wembanyama et le financement des Metropolitans 92.
Plusieurs médias spécialisés (BeBasket, Orange Sports…) reprenaient ensuite ces éléments.
Puis, le 17 février 2026, L’Équipe publiait une enquête complémentaire et détaillée décrivant :
- un versement de 125 000 € de sponsoring par une société liée à un fonds immobilier ;
- l’obtention ultérieure d’un permis de construire à Boulogne-Billancourt ;
- plus de 13,5 M€ d’argent public versés au club sur plusieurs saisons ;
- des soupçons portant sur la réalité de certaines prestations de mécénat.
Mercredi 18 février, le Parquet national financier a confirmé l’information de L’Équipe annonçant l’ouverture d’une information judiciaire concernant la liquidation des Metropolitans 92.
Cette évolution marque un changement de stade procédural par rapport à une simple enquête préliminaire.
- Enquête préliminaire : phase d’investigation menée par le parquet.
- Information judiciaire : instruction confiée à un juge d’instruction.
- Cette étape ne signifie pas une culpabilité avérée, mais marque un approfondissement des investigations.
Le mécanisme décrit par L’Équipe
L’enquête du quotidien sportif évoque un possible enchaînement entre :
- un partenariat financier (via une structure nommée BBSD) ;
- un projet immobilier porté par un fonds privé ;
- et la délivrance d’un permis de construire.
Le journal souligne que l’information judiciaire porte sur des qualifications susceptibles d’inclure corruption, trafic d’influence et faux — sans préjuger des responsabilités individuelles.
À ce stade :
- aucune condamnation n’est prononcée ;
- aucune décision de justice définitive n’est intervenue ;
- la présomption d’innocence s’applique pleinement.
- On sait que L’Équipe évoque l’ouverture d’une information judiciaire en janvier 2026.
- On sait que des flux financiers et un permis de construire sont mentionnés dans l’enquête.
- On ne sait pas si le maire a été formellement entendu ou convoqué.
- On ne sait pas quelles personnes sont précisément visées à ce stade.
Un décalage qui pose question
Le droit de réponse de ce 9 janvier 2026 à Actu.fr, demandé par Pierre-Christophe Baguet (ou son équipe), affirmait qu’aucune confirmation n’avait été donnée par le PNF.
Or, un mois plus tard, plusieurs médias évoquent désormais une information judiciaire.
Ce décalage peut s’expliquer de plusieurs façons :
- évolution du dossier entre début janvier et mi-février ;
- différence entre confirmation officielle et révélations journalistiques ;
- nuance entre « être visé par une enquête » et « avoir été convoqué ».
À ce stade, rien ne permet d’affirmer qu’il y ait eu intention de dissimulation.
Mais il existe désormais un écart manifeste entre la formulation du droit de réponse et l’état du dossier tel qu’il est décrit par la presse nationale.
Dans une campagne municipale 2026 complètement lancée, cette zone grise devient politiquement sensible, très sensible.
- Fin 2025 : Mediapart révèle l’existence d’une enquête du PNF.
- 9 janvier 2026 : droit de réponse publié sur actu.fr.
- Janvier 2026 : selon L’Équipe, ouverture d’une information judiciaire.
- 17 février 2026 : publication de l’enquête détaillée de L’Équipe.
- 18 février 2026 : confirmation par le PNF de l’ouverture d’une information judiciaire (Ouest-France, Europe 1).
Nos conclusions : du parquet sportif au Parquet Financier
Le dossier Mets 92 dépasse désormais le seul cadre sportif.
Le 9 janvier, le maire écrivait qu’il ne pouvait « donc pas être remis en cause ».
Le 18 février, le Parquet national financier a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire sur la liquidation des Mets 92.
Il ne s’agit ni d’une condamnation ni d’une mise en examen à ce stade.
Mais le dossier n’est plus au stade de révélations journalistiques : il est désormais officiellement entre les mains de la justice.
La présomption d’innocence demeure entière.
Mais la phrase du 9 janvier ne peut plus être lue de la même manière aujourd’hui.
- Le 9 janvier, le maire affirmait ne pas être mis en cause.
- Le 18 février, le PNF a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire.
- Aucune mise en examen n’est annoncée à ce stade.
1) Déclarations officielles
- Droit de réponse publié sur actu.fr.
2) Presse nationale
- Article Mediapart révélant l’ouverture d’une enquête du PNF.
- Article L’Équipe sur le dossier Mets 92.
- Article Ouest France.
- Article Europe 1.
- Reprises presse sportive (BeBasket, Orange Sports).
NDLR : Selon Mediapart et plusieurs médias spécialisés basket, le Parquet national financier s’intéresse notamment au cas du fonds d’investissement RedTree Capital, qui a soutenu financièrement les Metropolitans 92 début 2023, avant d’obtenir quelques mois plus tard un permis de construire pour un projet immobilier à Boulogne‑Billancourt.
« Les articles ne précisent pas le nom exact de l’opération ni la référence du permis de construire, mais évoquent un projet immobilier développé dans la commune par ce fonds. »




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