La patinoire fond, le padel pousse

Il y a encore plus d’un an, plus de 1 000 enfants, sportifs, collégiens, patineurs du dimanche et hockeyeurs se croisaient sur la glace de la Patinoire Olympique des Boulonnais. Depuis, silence polaire. En mai 2024, la municipalité ferme le site pour des motifs « écologiques, techniques et économiques » — sans étude publique ni réelle concertation.

Février 2025 : la Ville lance un appel à projet pour transformer le bâtiment en club de padel et foot à 5. À la clé, une délégation de service public (DSP) de trois ans. L’heureux élu ? 4PADEL, mastodonte du secteur. À peine quelques mois plus tard, l’ouverture est annoncée pour le 15 septembre 2025. Express.

Une piste pas si libre que ça

Le problème, ce n’est pas que le padel soit à la mode. C’est que tout semble avoir été cousu main. Plusieurs collectifs et habitants affirment que 4PADEL était en contact avancé avec la mairie avant même l’appel d’offre. Le doute s’installe : appel d’offre réel ou mise en scène administrative ?

Car si l’avis de publicité a bien été publié sur le portail des marchés publics, les conditions du contrat restent floues : clauses de résiliation anticipée ? amortissement des investissements ? pénalités éventuelles ? mystère. Une transparence si translucide qu’elle en devient opaque.

DSP ou Doute Systématique Permanent ?

La législation est pourtant claire : une DSP impose égalité de traitement entre candidats, publicité effective, et accès aux documents de consultation. En droit, la résiliation anticipée oblige souvent à indemniser l’exploitant, sauf clause contraire. Encore faut-il que ces clauses soient connues. En pratique, ici, tout repose sur un contrat inaccessible au public.

Autrement dit : la Ville privatise l’usage d’un bien collectif pour trois ans, sans que les citoyens aient leur mot à dire sur les termes du deal.

Padel contre patinoire : match truqué ?

Ce que certains appellent modernisation ressemble pour beaucoup à une spoliation municipale. La patinoire permettait à plus de 1 000 personnes d’y pratiquer des activités sportives simultanément. Le club 4PADEL, lui, en accueillera 30 joueurs à la fois… pour 15€ l’heure par tête.

Écologie ? Les associations rappellent que la patinoire chauffait la piscine voisine via un système de récupération thermique. Ce n’est donc pas la consommation, mais le défaut de modernisation qui a condamné l’équipement.

Vers un cas d’école de favoritisme municipal ?

À l’approche des municipales de 2026, cette affaire de padel pourrait bien devenir un symbole politique : transparence municipale contre entre-soi privé, service public contre privatisation temporaire.

Le tissu associatif et les citoyens demandent des comptes. Ils réclament la publication complète du contrat, la comparaison avec les candidatures non retenues, et la preuve que la procédure a été réellement ouverte à la concurrence.

Nos conclusions : une glace très fine

Dans ce dossier, tout semble dicté d’avance. Mais à force de passer sous silence les contre-pouvoirs et de privilégier les intérêts de quelques-uns, Boulogne-Billancourt risque une glissade bien plus brutale que celle d’un patin mal affûté.

Sources :

  • L’Équipe – « La patinoire de Boulogne-Billancourt transformée en salle de padel »
  • SportsMarketing.fr – « 4PADEL ouvrira à Boulogne le 15 septembre »
  • Morning Sport – « La transformation de la patinoire suscite des critiques »
  • Ville de Boulogne-Billancourt – Avis de publicité marché padel/foot 2025

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