
La mairie accélère sa politique du grand remplacement… mais version loisirs. Adieu la glisse collective, bonjour les raquettes privées. L’association Patiner À Boulogne dénonce un projet aussi glissant sur la forme que glacial sur le fond. Retour sur un incroyable gâchis municipal.
Un projet qui patine dès le départ
Le 22 juillet 2025, l’association Patiner À Boulogne (PAB) publie un communiqué au ton clair et tranchant : la transformation de la Patinoire Olympique en terrains de padel serait, selon ses mots, « un incroyable gâchis ». La municipalité de Boulogne-Billancourt envisagerait de remplacer l’un des derniers équipements sportifs collectifs de grande capacité de la ville par des courts à la mode, accessibles à trente personnes maximum en simultané. Un projet qui fait fondre l’enthousiasme des sportifs… et des contribuables.
Un équipement historique, pas qu’un vieux frigo
La Patinoire Olympique, c’est plus de 1 500 places, une capacité d’accueil pour 1 000 pratiquants en même temps, et un ancrage fort dans la vie locale : clubs de hockey, cours de patinage, scolaires, familles, compétitions. Selon PAB, sacrifier ce lieu emblématique pour un projet à usage restreint constitue un non-sens collectif : « 30 privilégiés contre 1 000 usagers quotidiens ». À cette échelle, le padel ne fait pas le poids.
Des arguments verts un peu trop verdis
Pour justifier la fermeture, la mairie avance des raisons écologiques : surconsommation, obsolescence, transition énergétique. Mais l’association démonte cette rhétorique : la chaleur produite par les compresseurs de la patinoire servait à chauffer la piscine attenante, dans une « synergie énergétique vertueuse ». Ce n’est donc pas la patinoire qui consomme trop, mais la ville qui a cessé de penser durable.
Et puis, une petite précision gênante : des subventions avaient déjà été votées pour moderniser le site — à hauteur de 80 %. Des travaux étaient même budgétés à hauteur de 1,8 million d’euros. Pourquoi les avoir sabordés ?
Privatisation du service public ou glissade politique ?
PAB ne mâche pas ses mots : elle parle de « détournement de pouvoir » et d’« erreur manifeste d’appréciation de l’intérêt général ». En ligne de mire, le choix de céder un bien collectif, financé par les Boulonnais, à une activité à visée commerciale, pour un bénéfice immédiat — mais réservé. L’association voit dans cette décision une rupture nette avec les missions d’une ville : préserver, entretenir, partager.
Un appel à la mobilisation des Boulonnais
Dans son communiqué, PAB lance un véritable plaidoyer pour sauver la patinoire. Rénover au lieu de détruire, penser collectif plutôt qu’individuel, viser l’écologie réelle plutôt que l’affichage : un triptyque simple, mais de plus en plus inaudible. L’association appelle les familles, les usagers et les élus responsables à se mobiliser contre ce qu’elle considère comme une disparition injuste et précipitée d’un patrimoine sportif.
Nos conclusions : Boulogne, une ville où le sport collectif perd la partie
À Boulogne-Billancourt, le sport collectif semble relégué au rang de souvenir. Après la fermeture de la patinoire en mai 2024, voilà que le projet de padel acterait définitivement la fin d’une époque. Et pendant que la ville démolit sans concertation, ce sont les habitants qui voient fondre leur espace public… comme glace au soleil.





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