
Le basket professionnel a-t-il été le théâtre d’une passe d’armes entre deux figures bien connues des Hauts-de-Seine ? D’un côté, Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt. De l’autre, Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret. Entre héritage sportif et rivalités politiques, retour sur une histoire pas si fluide que ça.
Deux maires pour un même ballon
C’est autour d’un ballon orange que la tension est montée. Le Paris-Levallois, soutenu pendant des années par Patrick Balkany, fusion de deux clubs historiques (Levallois SC et Paris Basket Racing), portait alors fièrement les couleurs levalloisiennes.
Mais en 2019, sous l’impulsion de Pierre-Christophe Baguet, le club change de main, de ville, et même de nom : il devient les Metropolitans 92, désormais basé à Boulogne-Billancourt.
Résultat : un transfert vécu comme une trahison de l’autre côté du périph’. Patrick Balkany, alors en retrait politique mais pas silencieux sur Facebook, attaque bille en tête :
« Cher Pierre-Christophe Baguet […] ne pensez-vous pas qu’il serait temps que vous assumiez vos décisions calamiteuses qui vont conduire à la faillite du club que j’ai créé de toutes pièces ? »
Ambiance.
Pas copains, mais pas collés non plus
Les deux maires ont longtemps régné sur leurs fiefs respectifs, Boulogne et Levallois, dans la droite dure des Hauts-de-Seine, département historiquement verrouillé par le RPR puis l’UMP/LR (Lire notre article).
Même génération, même rapport à la politique locale (très incarnée, très personnalisée), mêmes réseaux d’entrepreneurs, de promoteurs, de communicants… et pourtant, pas d’alliance visible.
Pas de liste commune, pas de mutualisation de projets, juste un territoire politique commun où les ego cohabitent mieux à distance.
Une rivalité publique assumée
Depuis la liquidation des Metropolitans 92, Patrick Balkany ne mâche pas ses mots. Il accuse Baguet d’avoir précipité la chute du club, de l’avoir délocalisé sans vision, de l’avoir dirigé comme une entreprise personnelle.
En face, Pierre-Christophe Baguet se défend en invoquant les difficultés structurelles, l’absence de soutien de la Ville de Paris, et les recours contre son projet de palais des sports.
En résumé : “Ce n’est pas moi, c’est le contexte.” (Lire notre article sur le naufrage financier de ce projet)
Le vrai du faux
Vrai : Une rivalité politique autour du sport. Deux visions. Deux ego. Deux communes en compétition pour leur rayonnement.
Faux : Il n’existe aucune preuve de collusion ou d’intérêts croisés entre Baguet et les Balkany. Pas d’arrangement secret, pas de gestion conjointe. Juste deux hommes publics, deux itinéraires, deux trajectoires qui se sont percutées autour d’un club… aujourd’hui disparu.
Nos conclusions : pas de romance, juste un duel
Non, Baguet et Balkany ne sont pas les frères ennemis du basket francilien. Mais leur affrontement, bien réel, révèle autre chose : le sport professionnel comme outil de pouvoir local, d’image ou communication politique, et de stratégie territoriale.
Et pendant que les figures s’opposent, que les déclarations s’enchaînent, le parquet reste vide, les tribunes silencieuses, et les Boulonnais… désabusés.
Sources : L’Équipe – 27 mai 2025, Le Parisien – 24 juin 2024, BasketEurope – 23 novembre 2023, Wikipédia – Pierre-Christophe Baguet




Laisser un commentaire