
À quelques stations de métro l’une de l’autre, Asnières-sur-Seine et Boulogne-Billancourt offrent aujourd’hui un contraste saisissant. L’une révise, de manière justifiée, ses ambitions pour maintenir une patinoire en activité. L’autre a tout fermé sans justification crédible. Et si la glace était révélateur… d’une certaine idée de l’intérêt général ?
À Asnières, on abandonne le bling-bling pour le réalisme
Souvenez-vous : en 2017, Asnières remportait un des appels à projets d’« Inventons la Métropole du Grand Paris ». À la clé, une patinoire toute neuve, des logements, des commerces et un budget de 10 millions d’euros. Sept ans plus tard, le maire Manuel Aeschlimann (LR) jette l’éponge sur ce rêve un peu trop XXL : trop coûteux, trop lent, trop hors sol.
Mais ici, pas de fermeture précipitée ni de terrain vendu à la découpe immobilière. On gèle les ambitions, certes, mais pas de clim pour les Asniérois et Asniéroises. La patinoire olympique reste ouverte, malgré ses défauts. Mieux : la mairie s’engage à relancer un projet simplifié, écologique, et plus proche des capacités financières de la commune. Pendant les vacances, l’entrée est à 1 € pour les Asniérois. Une façon de dire que le service public, lui, ne fond pas à la première difficulté.
À Boulogne, on ferme tout, sans alternative
À Boulogne-Billancourt, c’est une toute autre mélodie. En mai 2024, la patinoire ferme ses portes. Définitivement. Clap de fin décidé par le maire Pierre-Christophe Baguet (LR), sans vraie concertation, ni vote démocratique au conseil municipal, ni réunion publique. Pourtant, un budget de 1,8 million d’euros avait été voté pour des travaux, subventionné à 80 %. Mais le projet a été balayé, comme les associations sportives et les 37 000 signataires de la pétition qui réclamaient un sursis. (Lire notre article)
Et pour remplacer cet équipement emblématique ? Rien de concret, sinon l’évocation d’un complexe de padel — discipline certes à la mode, mais curieusement sans club boulonnais pour en faire la demande. On ne tourne pas la page : on arrache la couverture.
Deux modèles, deux philosophies

Nos conclusions : une glace révélatrice de la politique locale
Cette comparaison entre deux villes pourtant proches géographiquement, avec deux maires du même bord politique, met en lumière deux conceptions opposées de l’action municipale. Deux façons de concevoir l’action publique : entre pragmatisme assumé d’une part et abandon décomplexé d’autre part.
Sources :
Le Parisien, Inventons la Métropole du Grand Paris, Ville d’Asnières, Fédération Française de Hockey sur Glace, Padel Magazine, Association Patiner à Boulogne, Change.org, Ville de Boulogne-Billancourt




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