À Boulogne-Billancourt, on aime les choses bien rangées : les trottoirs propres, les arbres alignés et les majorités politiques stables. Depuis la campagne interne pour la présidence des Républicains, un nom revient en boucle dans les couloirs de l’hôtel de ville : Bruno Retailleau. Et ici, il n’a même pas besoin de faire campagne. Il est déjà chez lui.

Une ville qui vote à droite, et qui persiste

Boulogne-Billancourt n’a jamais vraiment quitté la droite. RPR, UMP, puis LR : les sigles changent, l’ancrage reste (Lire notre article). Même l’épisode macroniste, qui a un temps fait trembler les fondations, n’a pas suffi à déloger durablement les Républicains.

Alors quand Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, est monté au front pour prendre la tête du parti, la machine boulonnaise s’est remise à ronronner. Un meeting avec plus de 2 400 personnes dans une primaire interne ? Même Chirac aurait applaudi. Et visiblement, le cœur des militants s’est remis à battre.

865 adhésions : effet Retailleau ou miracle municipal ?

Avant la campagne interne, le parti comptait 170 adhérents à Boulogne. Depuis Retailleau, ils sont 865, selon le maire Pierre-Christophe Baguet. Une multiplication digne de Saint-Paul. Ou du fichier Excel d’un bon directeur de campagne.

Dans les Hauts-de-Seine, Retailleau réalise 85,4 % des voix, dix points au-dessus de la moyenne nationale. Il ne s’agit plus d’un bastion, mais d’un parc fortifié. Et chacun, ici, semble convaincu que ce « nouveau souffle » est le début d’une reconquête plus large.

Un électorat qui se sent à nouveau représenté

Retailleau coche toutes les cases du Boulonnais-type :

  • Sérieux, sobre, sécuritaire ;
  • Engagé mais pas bruyant ;
  • Sénateur, donc respecté ;
  • Ministre de l’Intérieur, donc rassurant.

À en croire les témoignages glanés dans les rangs des nouveaux adhérents, nombreux sont ceux qui ont repris leur carte « juste pour lui ». Pas pour le parti, ni pour la mairie. Pour Retailleau. C’est dire.

Le timing parfait pour un retour aux fondamentaux

Le contexte aide. La droite a repris la circonscription en février 2025 lors de la législative partielle, avec l’élection d’Élisabeth de Maistre, candidate LR. Le maire Baguet, lui-même fidèle soutien de Retailleau, ne cache plus son ambition : faire de Boulogne le laboratoire du redressement républicain.

Avec son électorat diplômé, modéré, attaché à l’ordre et à la stabilité, Boulogne devient un miroir idéal pour les ambitions nationales du nouveau patron des Républicains.

Nos conclusions : Boulogne-Billancourt, base arrière ou bac à sable de la prochaine campagne présidentielle ?

À ce stade, on ne sait pas encore si Bruno Retailleau se présentera à la présidentielle. Mais ce qui est certain, c’est qu’à Boulogne-Billancourt, la bannière est déjà levée. Le maire est à la manœuvre, les militants sont en ordre de marche, les cartes d’adhésion pleuvent.

Un seul doute subsiste : à 85,4 %, est-ce encore de la démocratie… ou un vote à l’unanimité moins deux absents ?

Le JDD, Le Parisien, Le Monde, Cluster17, La Croix, RTL, Ipsos, TV5Monde

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