
Trois mois après une mise en retrait aussi soudaine que déroutante, le maire de Boulogne-Billancourt est de retour. Le conseil municipal du 5 juin s’est tenu dans un calme presque chirurgical. Tout était en place pour oublier l’épisode de mars. Sauf un homme. Et quelques bulletins secrets.
Retour au calme… mais sous surveillance
Jeudi 5 juin 2025, les portes du conseil municipal s’ouvrent dans une ambiance feutrée. Quatre policiers municipaux en faction, des agents de sécurité visiblement tendus… mais à l’intérieur, une scène bien huilée : débats sans éclats, sourires crispés, et surtout, aucune allusion à la crise du 13 mars dernier.
Ce soir-là, on se souvient pourtant d’un maire submergé, d’un père en colère, d’un journaliste bousculé et mis à terre, d’un conseil parti en vrille, qui s’était soldé par la mise en retrait du maire Pierre-Christophe Baguet. Mais ce jeudi, silence radio. L’opposition se fait discrète. La majorité encore plus, amnésie totale.
Point 27 : le malaise reprend discrètement la parole
L’homélie se poursuit alors jusqu’au point 27 de l’ordre du jour : «Maintien ou non dans la fonction d’un maire adjoint sans délégation». En clair : faut-il enterrer politiquement Thomas Clément, ex-adjoint au commerce, démis depuis mars pour avoir manqué de ferveur dans son soutien au maire ?
À bulletin secret, le verdict tombe : 42 voix contre son maintien, soit la totalité des élus de la majorité. Un plébiscite… de l’élimination.
Thomas Clément : dernière voix dissonante
Le seul à parler du 13 mars, c’est lui. Mine triste, ton posé, il déroule son récit. Thomas Clément confie qu’à l’époque il a envoyé un mail à ses collègues pour exprimer ses réserves. Résultat ? Silence total, suivi d’un contre-mail de la première adjointe appelant… à ne pas lui répondre.
« Cinq ans de loyauté, et même pas un mot d’explication. Ça y est, j’étais débranché. »
La réplique du maire : froide et chirurgicale
Pierre-Christophe Baguet, fidèle à son style, prend brièvement la parole :
« Je vous laisse la responsabilité de vos propos. Mais vous avez participé à une réunion GPSO sur deux, 13 sur 26 conseils territoriaux, 3 sur 24 commissions voirie… Et je ne parle pas de vos absences aux événements commerçants.»
Pas d’émotion, pas de compassion. Juste un bilan d’assiduité. Un tableau Excel en guise d’oraison politique.
Deux nouveaux adjoints, une transition sans transition
Sans commentaire, deux nouveaux adjoints sont élus : Vittorio Baccheta et Nicolas Marguerat, tout sourire, sous les applaudissements. L’écharpe tricolore remplace les non-dits. Dans l’indifférence générale, Thomas Clément quitte son poste… et probablement une partie de sa confiance en la politique locale.
Il annonce poursuivre ses engagements à travers son blog et se dit « bien décidé à retrouver son mandat d’adjoint ».
Nos conclusions : quand le silence devient LA méthode
À Boulogne-Billancourt, la gestion de crise se fait à coups de votes secrets, de mails internes et de sourires figés. Le 13 mars est derrière nous ? Peut-être. Mais l’épisode Thomas Clément montre que la majorité préfère punir la nuance que d’y répondre de manière constructive.
Ce jeudi, tout le monde a fait mine d’oublier. Sauf un.
Sources utilisées :
- Le Parisien (7 juin, 23 mars, 14 mars 2025)
- BFMTV (14 mars 2025)




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