Deux villes, deux visions de la mémoire cycliste

D’un côté, Paris rend hommage. De l’autre, Boulogne-Billancourt invoque une impossibilité. Alors que la capitale s’apprête à baptiser une piste cyclable du nom de Paul Varry, jeune cycliste tué par un automobiliste en octobre 2024, la mairie de Boulogne affirme qu’un tel hommage serait « techniquement impossible » sur son territoire.
Un contraste saisissant, à quelques kilomètres de distance.

À Paris, un hommage pionnier pour Paul Varry

Paul Varry, 27 ans, militant de Paris en Selle, a perdu la vie boulevard Malesherbes, percuté par un automobiliste ayant délibérément emprunté une piste cyclable.
Le choc a provoqué une vague d’émotion : 800 personnes lui ont rendu hommage dès le lendemain, place de la Madeleine.

La réponse de la Ville de Paris est forte : la piste cyclable de la rue Réaumur portera son nom. Une première dans la capitale, et un symbole fort : Paul l’avait contribué à faire exister, et il l’empruntait chaque jour.
Un geste inédit, à la fois mémoriel et politique, salué par les associations comme un pas vers une culture de respect des usagers vulnérables.

À Boulogne-Billancourt, l’hommage « techniquement impossible »

Même drames, autre ambiance. À Boulogne-Billancourt, la mairie a répondu négativement aux propositions d’hommage similaires.
Motif invoqué ? Ce serait, tenez-vous bien, « techniquement impossible » de nommer une piste cyclable après une victime. Trop complexe, trop contraignant, trop… engageant ?

La justification fait tousser du côté des associations cyclistes, qui y voient moins une contrainte qu’une absence de volonté. En particulier dans une ville déjà pointée du doigt pour le faible développement de ses infrastructures cyclables. À Boulogne, les mobilités douces n’ont pas la cote, et la mémoire des cyclistes non plus, visiblement.

Entre reconnaissance et choix politique

À Paris, l’initiative est perçue comme un acte de reconnaissance et un signal fort pour la sécurité.
À Boulogne-Billancourt, l’absence de geste symbolique alimente un sentiment d’indifférence — voire d’invisibilisation — chez les usagers du vélo.
La différence d’attitude illustre plus qu’un choix administratif : elle révèle une hiérarchie des priorités.

Nos conclusions : un nom, un symbole, un refus

En refusant de nommer une piste cyclable en hommage à une victime, Boulogne-Billancourt s’enferme dans une logique gestionnaire, pendant que Paris envoie un message politique et humain.
Paul Varry aura son nom sur une voie cyclable. À Boulogne, les cyclistes n’ont toujours pas de voie, ni de voix.

Sources : Le Parisien, Le Monde, ViralMag, Le Parisien (enquête)

Laisser un commentaire

Tendances