
Un instant suspendu entre deux stations, un souffle d’émotion entre deux annonces. Depuis 11 ans, la RATP invite la poésie à s’asseoir sur la banquette à côté de vous.
Quand le métro devient une galerie poétique
À l’heure de pointe, entre une rame bondée et un soupir étouffé, qui pense encore à la poésie ? Et pourtant, chaque année, des vers fleurissent sur les parois du métro parisien. Grâce au Grand Prix Poésie RATP, les trajets deviennent des balades intérieures. Pour son édition 2025, le concours est ouvert jusqu’au 15 avril : une nouvelle occasion d’écrire… et d’être lu par des millions.
Une initiative qui célèbre l’art des mots
Gratuit, ouvert à tous, ce concours propose trois catégories : enfants, jeunes et adultes. La seule contrainte ? La brièveté. 4 lignes maximum pour les poèmes destinés à l’intérieur des rames, 14 lignes pour ceux qui seront affichés sur les quais. Une contrainte qui fait naître la créativité — comme un haïku coincé entre deux annonces de terminus.
Le jury, cette année, est présidé par Alexis Michalik, dramaturge multi-récompensé, qui succède à Amélie Nothomb ou encore Vincent Delerm. Un comité qui mêle exigence et bienveillance, à l’image du concours lui-même.
Une poésie accessible à tous dans un espace partagé
Il y a quelque chose de magique à croiser un poème au détour d’une correspondance. Une strophe anonyme, une image qui reste en tête, un sourire qui naît sans prévenir. Les poèmes lauréats seront affichés durant l’été sur l’ensemble du réseau RATP : bus, tram, métro et RER.
En 2024, près de 12 000 textes avaient été soumis. Et l’édition 2025 s’annonce tout aussi inspirée. Les voyageurs pourront aussi voter pour leur poème favori via le Grand Prix Voyageurs. C’est la démocratie directe… en alexandrins.
Pourquoi ce concours est essentiel ?
Parce qu’il redonne du sens à un espace souvent vécu comme impersonnel. Dans les couloirs du métro, on croise tous les jours des regards qui s’évitent. Grâce à la poésie, ce sont désormais des mots qui se croisent. Des émotions qui surgissent là où on ne les attendait pas.
Le concours donne aussi une tribune aux poètes amateurs, leur offrant une visibilité rare. Et pour les lauréats, des récompenses bien réelles : abonnements culturels, week-ends européens, et surtout… l’immense plaisir d’être lu, là, entre un strapontin et une station fantôme.
Une invitation à écrire et rêver ensemble
À une époque où tout va trop vite, où même le métro semble courir, la poésie agit comme un frein doux. Un rappel que le voyage peut être aussi intérieur. Que quelques mots bien choisis peuvent suspendre le tumulte, le temps d’un arrêt.
Alors, à vous de jouer. Prenez une feuille, une appli, une serviette de café. Écrivez. Envoyez. Et peut-être, cet été, un inconnu lira vos mots entre deux stations. Sans vous connaître. Et vous remerciera en silence.
Sources : Rainfolk’s Diaries, France Télévisions, Le Parisien, Site officiel du Grand Prix Poésie RATP
Nous nous sommes prêtés au jeu pour le fun, voici 2 courtes poésies :
Sous les tours et les vieux platanes,
Un vent d’usine, une voix urbaine.
Entre béton, Seine et mémoire,
Boulogne murmure son histoire.
Cyclistes coincés, trottoirs trop étroits,
Le bitume se déverse, l’arbre n’est plus roi.
Sous les desseins d’armée bétonnée,
A Boulogne, l’écologie attend sa réalité.




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