Quand le football se joue aussi sur les réseaux sociaux

Le football, sport roi, spectacle populaire, et désormais… champ de bataille algorithmique. Sur Twitter (pardon, X), dans les commentaires, et parfois même dans vos notifications, des comptes anonymes s’activent. Leur mission ? Défendre un club, attaquer les journalistes, museler les critiques. Bienvenue dans le monde des armées numériques.

Et en première ligne de ce phénomène ? Le PSG. Club ultra-médiatisé, mais visiblement aussi ultra-susceptible. Une enquête explosive a révélé l’existence d’un véritable commando digital organisé. Objectif : faire taire. Ou plutôt, faire masse.

Le scandale de l’armée numérique du PSG

Entre 2018 et 2020, le club aurait mandaté des agences de communication pour mener une guerre silencieuse. Des noms ? Digital Big Brother, UReputation. Non, ce n’est pas un spin-off de Black Mirror : c’est du réel.

Le plan était simple : créer de faux comptes Twitter, diffuser des messages pro-PSG, harceler les critiques, et même s’en prendre… à Kylian Mbappé. Oui, même les prodiges ne sont pas à l’abri des tweets rageux quand ils refusent une prolongation.

Résultat : une mise en examen pour Jean-Martial Ribes, ancien directeur de la communication du club, soupçonné de corruption, harcèlement et manipulation d’opinion. Le foot-business, version 3.0.

Comment fonctionnent ces armées numériques ?

Il ne s’agit pas de simples supporters un peu zélés. On parle de stratégies coordonnées, menées depuis des claviers bien discrets. Création de profils anonymes, campagnes en rafale, hashtags viraux, attaques ciblées.

Les cibles ?

  • Journalistes qui enquêtent (coucou L’Équipe, Mediapart, Complément d’Enquête)
  • Supporters critiques, accusés d’être des traîtres à la cause
  • Joueurs eux-mêmes, jugés pas assez loyaux ou trop libres

Le tout dans un climat où chaque désaccord devient trahison. Où la nuance est effacée au nom de la loyauté. Un peu comme si critiquer le schéma tactique devenait un acte de sabotage national.

Un phénomène mondial, mais surtout toxique

Le PSG n’est pas seul. D’autres clubs, en Europe comme ailleurs, sont soupçonnés d’avoir recours à ces méthodes. Car dans une ère où l’image vaut de l’or, mieux vaut contrôler la narration que risquer une polémique.

Mais à quel prix ?

  • Un climat délétère en ligne
  • Des journalistes harcelés
  • Des débats sportifs impossibles
  • Des supporters radicalisés, parfois à leur insu

Le sport devient alors terrain de guerre numérique, où les tribunes se muent en files de commentaires haineux.

Que faire pour retrouver un peu de fair-play ?

Quelques pistes existent :

  • Responsabiliser les plateformes (Twitter, Facebook…) pour repérer les faux comptes
  • Sanctionner les campagnes de harcèlement coordonnées
  • Inciter les clubs à jouer la carte de la transparence, plutôt que celle de la dissimulation

Mais surtout, il faut rétablir un débat sportif sain, où l’on peut critiquer un joueur sans être accusé de complot, et aimer un club sans relayer des attaques ciblées.

Nos conclusions : entre passion sportive et manipulation numérique

Ce qui se joue ici dépasse le football. C’est la manière dont on débat, dont on s’informe, dont on exprime nos désaccords qui est en jeu. Les armées numériques ont transformé la passion en polarisation. Et le supporter en soldat.

Il est temps que le foot retrouve un peu d’esprit… sportif. Et que les clubs, eux aussi, respectent les règles du jeu. Même en ligne.

Sources : L’Équipe, Le Monde, BFMTV, Complément d’Enquête

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