
Un sport à la mode, une pétition qui fait flop et une reconversion qui divise. Boulogne-Billancourt change son patrimoine sportif… mais pas dans le bon sens.
Une pétition qui fait flop
La fermeture de la patinoire olympique de Boulogne-Billancourt a provoqué un vent de révolte, avec plus de 35 000 signatures pour sauver ce symbole de la ville. Mais la solution proposée pour compenser cette perte — un club de padel — peine à convaincre. 5 signatures pour une pétition en soutien au projet. Voilà ce qu’on appelle un accueil tiède. Et pour cause : remplacer une patinoire historique par un sport dont l’engouement local semble aussi tiède que l’eau d’un bain mal réglé, ça ne fait pas rêver.
Le padel : un sport en plein essor, mais pas à Boulogne-Billancourt
Le padel connaît un véritable boom en France, avec des tournois comme le Paris Premier Padel Major et l’ouverture de clubs dans plusieurs villes franciliennes. De Lyon à Marseille, les clubs fleurissent. Facile à prendre en main, convivial, peu coûteux : sur le papier, c’est le sport parfait pour une reconversion urbaine.
Mais à Boulogne-Billancourt, l’histoire est toute autre. Ici, ni demande citoyenne, ni engouement associatif. La greffe ne prend pas. Les habitants n’ont rien contre le padel — ils ne le réclament tout simplement pas.
Une équation économique fragile
Un complexe de padel, c’est entre 6 et 10 terrains, des locations à l’heure, des abonnements annuels… et un espoir de rentabilité. Mais il faut pour cela des joueurs. Et à Boulogne, ils ne se pressent pas au portillon.
Les coûts d’aménagement du site — transformation de la patinoire comprise — s’élèveraient à plusieurs millions d’euros. À cela s’ajoutent 100 000 à 150 000 € par an d’entretien, dans une ville déjà pointée du doigt pour sa gestion sportive. Comparé à la patinoire, qui comptait 1 200 licenciés et générait des revenus réguliers, le padel fait figure d’opération hasardeuse.
Tout ceci à quel prix ? Estimations :
- Adhésions annuelles : entre 200 € et 400 € par joueur.
- Location horaire des terrains : entre 20 € et 40 € selon les créneaux.
- Organisation d’événements : quelques tournois, si la demande est là.
Le padel ? Si le nombre d’adhérents reste faible, les pertes seront… douloureuses pour la mairie.
Une fracture sociale et symbolique
La reconversion de la patinoire touche un point sensible : l’attachement des familles, des clubs et des jeunes au sport sur glace. Le padel, malgré ses qualités, ne remplace ni la mémoire, ni la diversité d’usages de l’ancien équipement.
Les associations comme Patiner à Boulogne dénoncent une décision unilatérale, sans concertation réelle. Le padel devient ainsi, bien malgré lui, le symbole d’une politique sportive hors-sol, coupée des attentes locales.
Le padel peut-il rebondir ?
Pour réussir, le projet aurait besoin :
- D’une communication offensive pour expliquer son intérêt.
- D’événements attractifs pour fédérer un public nouveau.
- D’une gestion irréprochable, ce qui, à Boulogne, semble être un sport à part entière.
Sans cela, le risque est clair : voir cet équipement se transformer en coquille vide, ruineuse, et politiquement embarrassante à l’approche des municipales de 2026.
Nos conclusions : le padel, un projet mal engagé ?
Le padel à Boulogne-Billancourt est-il vraiment la solution aux problèmes sportifs de la ville ? La réponse semble être non. Entre un soutien quasi inexistant et des perspectives économiques douteuses, ce projet pourrait bien devenir l’exemple même d’un choix fait sans concertation ni vision à long terme. Et si la patinoire symbolisait l’histoire sportive de Boulogne, le padel risque de n’être qu’une coquille vide.
À deux ans des municipales de 2026, il serait peut-être temps de repenser la gestion du patrimoine sportif de la ville, avant de transformer chaque fermeture en une promesse avortée.
Sources : Padel Magazine, Le Parisien, L’Équipe, Change.org
(*) Certains chiffres évoqués dans cet article sont des estimations approximatives réalisées avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle. Ils visent à éclairer le débat public, mais ne sauraient se substituer à une information comptable officielle.





Laisser un commentaire