De la finale de Betclic Élite à la dissolution totale. En un an, les Metropolitans 92 sont passés du sommet à l’oubli. Une défaite cinglante, non pas sur le terrain, mais dans les bureaux de la mairie.

Une fin tragique pour un club emblématique

En mai 2024, la mairie de Boulogne-Billancourt a officialisé ce que beaucoup redoutaient : la fermeture définitive des Metropolitans 92. L’un des clubs les plus emblématiques du basket français tire sa révérence, non pas dans le vacarme d’un échec sportif, mais dans le silence gêné d’un retrait politique. Un an seulement après avoir atteint la finale de Betclic Élite avec Wembanyama en tête d’affiche, la page se tourne – et pas dans le bon sens.

Du sommet à la relégation, sans filet

L’histoire des Mets, c’est celle d’un héritage prestigieux : PSG Racing, Levallois, Coubertin, Coulibaly… Et surtout, Wembanyama, qui en 2023 propulsait le club sous les projecteurs du monde entier. Mais l’année suivante, tout s’effondre : relégation en Pro B, gestion erratique, désengagement brutal.

Pire encore : malgré plusieurs propositions de reprise, la mairie de Boulogne-Billancourt refuse toute cession. Luc Dayan, Eurostep Ventures… tous recalés, au nom de projets « insuffisamment sérieux ». Sérieux ou dérangeants ?

Une gestion financière en panne d’horizon

Le club, sous forme de SCIC, était sous tutelle municipale. Chaque année, la ville injectait 1,2 million d’euros – une part non négligeable des 28,2 millions alloués au sport en 2024. Mais à la première turbulence, c’est le tapis qu’on retire. Résultat : une dette estimée à 1,2 million d’euros, niée par la mairie, mais laissée en plan.

En ajoutant les coûts de gestion, les subventions passées et les frais liés à la dissolution, on atteint une facture salée : entre 5 et 7 millions d’euros pour la collectivité. Et pas un seul rebond à l’horizon.

Chaque habitant paie l’addition

Pour les 121 000 habitants de Boulogne-Billancourt, ce fiasco n’est pas qu’un sujet de discussion au café du coin. C’est aussi une dépense concrète : entre 41 € et 58 € par personne, pour financer une aventure stoppée net sans consultation.

Un bel exemple de “sport pour tous”… sauf pour ceux qui aimeraient comprendre où est passé leur argent.

Un vide sportif, un choc local

Les conséquences sont lourdes : fin des matchs au Palais des Sports Marcel-Cerdan, perte d’un vivier de jeunes talents, effondrement de la dynamique locale autour du basket. Les supporters sont orphelins. Les enfants, privés de modèles. Et les élus ? Invisibles.

Dans la presse comme chez les anciens membres du club, la colère monte. On dénonce une gestion opaque, une absence de stratégie à long terme, et un mépris pour la culture sportive locale.

Après la patinoire, le désert

Cette fermeture n’est pas un accident. Elle s’inscrit dans une série : fermeture de la patinoire olympique, recul des investissements dans le sport professionnel, recentrage exclusif sur l’ACBB. Officiellement, on parle de sport pour tous. En réalité, on assiste à une lente érosion de l’ambition sportive de la ville.

Nos conclusions : un échec sportif et financier lourd pour Boulogne-Billancourt

La disparition des Metropolitans 92 ne relève pas de la fatalité. Elle n’est pas un simple accident de parcours, mais bien le fruit d’un choix politique qui résume un mode de gestion : absence de stratégie, refus du dialogue, désintérêt pour l’excellence sportive. Tout cela au prix fort.

À deux ans des municipales de 2026, ce fiasco pourrait bien devenir l’un des symboles d’un mandat en perte de vitesse. Le basket a ses règles. Et même en politique, les mauvaises passes finissent toujours par coûter cher.

Sources : Le Parisien, BFMTV, L’Équipe, Budget municipal 2024, BeBasket

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