On la connaît pour ses bureaux, ses bétonnières et ses budgets. Mais Boulogne-Billancourt, c’est aussi un haut lieu de la rime et du BPM. Booba, Les Sages Poètes de la Rue, Salif, LIM… Une scène qui a transformé un bout d’Île-de-France en mythe du hip-hop. Retour sur trente ans d’influences, de classiques et de punchlines made in Boulbi.

Une époque où les halls sentaient le sample

Avant d’être un morceau de storytelling sur Spotify, le rap était une histoire de coins de rues et de sons bricolés. Dans les années 90, au Pont-de-Sèvres, des types comme Zoxea, Dany Dan ou Melopheelo posent les bases avec Les Sages Poètes de la Rue. Leur rap jazzy et affuté sent la plume trempée dans la rue mais polie dans les vinyles.

Zoxea ne s’arrête pas là. De retour d’un trip à New York, il monte le collectif Beat 2 Boul. Un laboratoire de talents où émergent Malekal Morte, Mo’vez Lang, et un certain Booba, qui ne va pas tarder à foutre le feu à la scène rap.

Booba : du Pont-de-Sèvres aux palmarès internationaux

Avec Ali, Booba forme Lunatic. Leur album Mauvais Œil (2000) ? Un classique, sombre, tranchant, sans filtre. Puis vient la carrière solo : Temps Mort, Panthéon, et tous les autres jusqu’à faire de lui une légende. Qu’on l’aime ou non, il a mis Boulogne sur la carte du rap français… et bien au-delà.

Malgré son exil fiscal, le Duc ne renie jamais ses origines : le Pont-de-Sèvres reste son totem. Même ses ennemis dans le game lui reconnaissent ça.

Une scène loin d’être mono-voix

À Boulogne, le rap ne se résume pas à Booba. Il y a eu Salif, virtuose méconnu, et LIM, pourfendeur de la réalité brute, dont les punchlines crues ont traversé les décennies. Il y a eu aussi Malekal Morte, Tuerie, et aujourd’hui Tissmey, preuve que le son boulonnais n’a jamais vraiment été rangé au placard.

Une influence que personne ne peut nier

Boulogne, c’est un son. Des choix esthétiques. Des audaces. L’introduction de l’autotune avant tout le monde, l’amour du sample soul et jazz, l’écriture introspective. Même Benjamin Epps cite les Sages Po dans ses textes. Quand les petits de demain fouillent dans les archives du rap français, ils tombent toujours sur Boulbi.

Nos conclusions : Boulogne, plus qu’une école, un ADN du rap français

Il y a Saint-Denis, Marseille, Lyon… et Boulogne-Billancourt. Une ville qui n’a pas seulement vu passer le rap : elle l’a fabriqué. Avec ses mots, ses sons, ses contradictions. Aujourd’hui, la scène est plus diffuse, mais l’héritage, lui, est là. Et dans chaque boucle, dans chaque rime, un peu de l’âme de Boulbi continue de tourner.

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