
C’est un limogeage qui en dit long sur le climat politique à Boulogne-Billancourt. Le 20 mars 2025, Thomas Clément, adjoint au maire chargé du commerce et de la gastronomie, a été exclu de l’exécutif municipal. Officiellement, rien à signaler. Officieusement, tout à décrypter. Derrière la sanction, un parfum de règlement de comptes et une fracture interne qui ne dit pas son nom.
Un élu « trop libre », un maire sous pression
Le contexte ? Le conseil municipal du 13 mars 2025, marqué par un épisode houleux autour du décès d’un jeune cycliste en 2021. Tandis que la tension monte, Thomas Clément ne prend pas publiquement position en faveur du maire Pierre-Christophe Baguet. Une semaine plus tard, il est débarqué.
Officiellement, aucun commentaire.
Officieusement, on lui reproche un « manque de loyauté » dans une période de crise. Traduction : à Boulogne, mieux vaut se taire que s’écarter de la ligne.
Thomas Clément, l’atypique devenu indésirable
Son profil détonnait dès le départ :
- Ex-publicitaire (Publicis, DDB),
- Fondateur d’agences numériques,
- Créateur du blog Le ministère de la FrenchFood,
- Amateur de communication moderne, de storytelling gourmand et de marketing local.
Nommé en 2020, Clément était le visage “jeune” et “connecté” de la majorité, en charge du commerce et de la gastronomie. Il avait restructuré les marchés, lancé des campagnes de valorisation des artisans locaux et maintenu une vraie proximité avec les commerçants.
Exclu pour avoir trop existé ?
Son éviction pose plusieurs questions :
- Était-il trop visible ?
- Trop autonome ?
- Ou simplement trop « influenceur » pour une mairie qui valorise la discrétion feutrée et l’unité sans vagues ?
« À Boulogne, la loyauté prime sur l’audace », confie un élu de la majorité.
« Clément paye peut-être son double statut d’élu et de créateur, perçu comme une menace pour l’appareil. »
Une exclusion qui laisse des traces
1. Un vide stratégique dans la majorité
Clément, c’était le lien moderne avec les commerçants, les jeunes, et l’univers numérique. Son départ laisse un trou dans la communication municipale… que le maire aura du mal à combler sans changer d’ère.
2. Une fracture politique révélée
À l’approche de 2026, les tensions internes s’exacerbent. Cette exclusion pourrait dissuader les voix critiques de s’exprimer, mais aussi nourrir une contestation plus structurée. Un effet boomerang n’est pas exclu.
3. Un futur candidat ?
Ni encarté LR, ni novice en stratégie, Clément pourrait se repositionner en électron libre, voire en outsider lors des municipales. Il connaît les codes, les réseaux, et les leviers. À suivre de près.
Ce qu’en pensent les Boulonnais
Les réactions sont aussi contrastées que le personnage :
- Certains soutiennent Baguet, au nom de l’unité et du respect hiérarchique.
- D’autres dénoncent un geste autoritaire, perçu comme une manière de faire taire les profils trop indépendants.
- Commerçants et artisans, eux, regrettent un élu proche du terrain, accessible et efficace.
- Sur les réseaux sociaux, le débat s’enflamme : les hashtags #ClémentGate et #SilenceMunicipal apparaissent timidement.
Nos conclusions : une mairie qui se ferme… quand elle aurait besoin de s’ouvrir
L’exclusion de Thomas Clément n’est pas qu’une sanction administrative. C’est un signal politique, celui d’une majorité en mode bunker, où l’unité passe avant la diversité des profils.
À l’heure où Boulogne-Billancourt affronte des critiques sur la transparence, la gestion des mobilités et les choix budgétaires, ce genre de limogeage ne rassure personne.
Et laisse une question en suspens :
Quelle place reste-t-il à l’audace dans une mairie qui ne supporte plus l’écart ?




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