À Boulogne-Billancourt, la passion du football vire parfois à la perte de contrôle. Lors d’un match U17, un jeune arbitre de 19 ans affirme avoir été menacé, séquestré, et filmé dans son vestiaire par des joueurs du club local. Un nouvel épisode de violences ordinaires qui interroge sur le climat qui règne dans le foot amateur… et sur les silences gênés qui l’entourent.

Les faits : un match, un score lourd, une issue violente

Dimanche 30 mars 2025, au stade Jean Jaurès de Chaville, le match de Régional 3 U17 entre Chaville et l’ACBB s’achève sur un cinglant 6-0. Mais ce n’est pas le score qui marquera les esprits.

Selon le témoignage de Simon, arbitre âgé de 19 ans, deux joueurs mineurs du club boulonnais auraient fait irruption dans son vestiaire, visages dissimulés, pour le menacer et l’empêcher de sortir. Trois autres personnes auraient tenté de filmer la scène, histoire de documenter l’humiliation en prime.

Profitant d’un moment d’inattention, le jeune arbitre aurait réussi à s’échapper et à prévenir la police. Les forces de l’ordre sont intervenues rapidement, interpellant les deux agresseurs présumés… relâchés une heure plus tard. Une enquête est ouverte.

Réactions officielles : condamnations, mais prudence

Le club de l’ACBB, par la voix de son président Ludovic Fortes, n’a pas tardé à réagir :

Les deux joueurs mis en cause ont été suspendus à titre conservatoire. En coulisses, on murmure que le club souhaite « étouffer l’affaire rapidement », histoire de préserver son image. Mais les mots sont là, et l’enquête aussi.

Quant à Simon, il n’entend pas se contenter de vagues regrets. Il exige des sanctions exemplaires :


Violences dans le foot amateur : une banalisation inquiétante

Ce n’est pas la première fois qu’un arbitre subit des violences dans un championnat amateur. Ni la deuxième. Ni la dixième.

Chaque saison, des dizaines d’arbitres signalent insultes, menaces, ou agressions physiques. Certains arrêtent, dégoûtés. D’autres continuent, par passion… et résilience.

La FFF avait promis des mesures. Philippe Diallo, son président, avait évoqué en 2024 le déploiement de caméras individuelles pour les arbitres. Une idée saluée, mais encore trop peu concrétisée. Sur les terrains, la peur reste souvent la seule protection.

Un système qui tourne à vide ?

Au-delà du choc, cette affaire soulève des questions lancinantes :

  • Comment protéger les arbitres amateurs, souvent seuls face à des joueurs frustrés ?
  • Pourquoi les clubs ne prennent-ils pas la prévention plus au sérieux ?
  • Et que valent les sanctions si elles n’arrivent qu’après les drames ?

Le football amateur, censé incarner les valeurs du sport, devient parfois le miroir d’un laxisme généralisé. Tant qu’on minimisera ces actes en invoquant la jeunesse ou l’émotion, les vestiaires resteront des zones grises, sans arbitre pour les siffler.

Nos conclusions : Simon, symbole d’un malaise plus large

Ce qu’a vécu Simon n’est pas un « incident isolé ». C’est un énième avertissement. Un jeune arbitre qui fuit son propre vestiaire sous la menace n’est pas une anecdote, c’est un symptôme.

Il est temps que le football amateur protège ses acteurs, au lieu de laisser la violence marquer les arrêts de jeu. Parce qu’un sport où l’on agresse les arbitres n’est plus un jeu. Et parce que Simon, comme tant d’autres, mérite mieux que la peur en guise de prime de match.

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