
À Boulogne-Billancourt, la transition écologique avance au ralenti, entre des promesses de végétalisation et des mobilisations citoyennes souvent ignorées. La mairie pose des premières pierres, mais les premières feuilles tardent à pousser.
Exposition des faits : une ville dense, une écologie sous pression
Avec près de 20 000 habitants au km², Boulogne-Billancourt est l’une des communes les plus densément peuplées de France. Résultat : chaque arbre devient une denrée rare, chaque piste cyclable un combat, et chaque mètre carré de pleine terre… un miracle.
La pollution, elle, ne connaît pas ces contraintes : la RD907, axe routier surchargé, alimente généreusement l’air en particules fines, dépassant régulièrement les seuils recommandés par l’OMS selon les données d’Airparif.
Pendant ce temps, les citoyens demandent :
- Des pistes cyclables sécurisées,
- Des arbres, des vrais,
- Et un peu d’air qui ne pique pas les yeux.
Détails gênants : promesses en fleurs, béton en bourgeon
Prenons l’exemple de l’île Seguin : après des années de controverses, la mairie annonce fièrement 3 hectares de pleine terre. En réalité, il s’agit d’un compromis obtenu de haute lutte par les collectifs écologistes et les riverains face à Bouygues Immobilier. Une « île jardin » ? Certes. Mais entourée d’hôtels, de cinémas, et de bureaux en R+8.
Autre illustration : le décès d’un jeune cycliste en 2021 a relancé les demandes d’aménagement sur la RD907. Une piste cyclable bidirectionnelle a bien été annoncée dans le cadre du plan départemental, mais aucune réalisation concrète n’était visible à la mi-2025, malgré les alertes répétées.
« On nous promet des pistes depuis dix ans, mais tout ce qu’on voit, ce sont des voitures », déclarait un habitant lors d’une réunion publique en avril 2024.
Contradictions écologiques : discours vert, projets gris
La mairie affirme « favoriser les infrastructures sportives modernes » : exemple concret ? La fermeture de la patinoire olympique, remplacée par un projet de terrains de padel, justifié par des arguments écologiques (consommation énergétique)… vivement contestés par les habitants et les associations sportives.
Sur l’urbanisme, les priorités apparaissent clairement : l’îlot D5 de la ZAC du Trapèze accueille un vaste programme de logements et bureaux, sans réel gain végétal. Une « ville verte » selon les brochures, un powerpoint bien ficelé, selon les riverains.
« On ne peut pas verdir un quartier en peignant les trottoirs en vert », ironise Pauline Rapilly-Ferniot (EELV).
Mobilisations citoyennes : des voix étouffées sous les klaxons
Pétitions, tribunes, interpellations : les citoyens s’organisent. À Boulogne, l’écologie n’est pas une lubie, mais une demande concrète pour vivre mieux. Les propositions ne manquent pas :
- Créer un véritable réseau cyclable,
- Replanter les arbres supprimés ces dix dernières années,
- Transformer les friches urbaines en îlots de fraîcheur.
Mais du côté de la mairie, le dialogue semble se résumer à des réunions d’information sans marge de négociation.
« C’est une concertation façon mairie : on vous écoute, puis on fait autre chose », souffle un militant.
2026 : enfin l’arbre qui cache l’urne ?
Les élections municipales approchent, et l’écologie pourrait s’imposer comme le thème que personne n’attendait… sauf les habitants.
La majorité défendra sa « vision pragmatique ». L’opposition, elle, espère mobiliser jeunes, cyclistes, parents inquiets et promeneurs invisibles. Le tout dans une ville qui reste un désert végétal… malgré les bacs à fleurs en plastique.
Nos conclusions : Boulogne-Billancourt à un carrefour — sans piste cyclable
Boulogne-Billancourt semble à un carrefour : écouter enfin ses citoyens pour bâtir une ville plus verte, ou persister dans une urbanisation qui étouffe ses habitants. La mairie mise sur la continuité, mais les arbres, eux, ne poussent pas dans le béton.
2026 offrira peut-être l’occasion de planter autre chose que des excuses.





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